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De comité à société (1971-1973)

Au début des années 1970, les résidents et les professionnels de la région s’inquiètent de plus en plus des lacunes dans le domaine des services pour enfants en santé mentale. Pour pallier ces lacunes, une réunion des conseils d'administration sur les installations régionales pour enfants est convoquée par le Dr C. A. Roberts à l’hôpital Royal Ottawa le 19 novembre 1970. Ce regroupement d’intervenants d’un vaste réseau d’organismes communautaires a permis d’établir certaines mesures, lesquelles ont mené à l’ouverture du Ottawa-Carleton Regional Residential Treatment Centre.

Lors de cette réunion, un examen des installations pour enfants a permis de conclure que la région souffrait d’un sérieux manque d’installations résidentielles pour enfants à long terme. Pour cette raison, il fallait à l’époque envoyer les enfants aux prises avec des difficultés de santé mentale à l’extérieur de leur communauté. De plus, il était clair que la Loi sur la santé mentale fournissait le cadre nécessaire pour justifier ce type de résidence. Suivant cela, un premier comité est mis sur pied, ce qui contribue à relancer la participation de la communauté. Lors de la première réunion du comité, laquelle s’est tenue le 19 janvier 1971, monsieur R. S. Smart en est nommé le président. Avec la collaboration du ministère de la Santé, la participation de la collectivité et les compétences et le leadership du Dr Roberts et de M. Smart, des plans d’action sont rédigés. En juillet 1971, une demande formelle pour la planification détaillée du Children’s Residential Treatment Centre for the Ottawa Health Region est déposée au ministère de la Santé.

Les deux années qui suivent sont ponctuées par des modifications aux propositions, par un retour sur le choix du site, par le nombre et le type de résidence ainsi que par une réévaluation des besoins et du nombre d’enfants à héberger. Le mois d’août 1973 marque l’incorporation du Ottawa-Carleton Regional Residential Treatment Centre et le choix du site pour la construction des immeubles du nouveau centre. Un immeuble s’érige sur l’avenue Carling sur un terrain loué à l’hôpital Royal Ottawa. Le 20 septembre 1973, on convoque une assemblée constitutive, on nomme les premiers administrateurs et convient de la composition des comités pour mener à bien le travail de la société. Monsieur R. S. Smart est élu président du conseil d’établissement et de la société, tandis que le Dr C.A. Roberts est nommé directeur exécutif par intérim.

Après avoir arrêté son choix sur le site de l’avenue Carling, la société entreprend l’achat de résidences pour décentraliser ses opérations. En novembre 1973, 3 maisons sont retenues comme point de service résidentiel pour complémenter les services des 2 résidences en voie de construction. Ces 3 maisons, situées à l’Ouest, au centre ainsi qu’à l’Est de la région métropolitaine d’Ottawa, viennent appuyer l’engagement de Centre à vouloir desservir différentes collectivités en leur offrant des services résidentiels hors établissement.

Conception du centre de santé mentale pour enfants (1974-1982)

De mars à octobre 1974, les 5 nouvelles résidences sont successivement inaugurées. Suivant la nomination en mai 1974 du premier directeur exécutif, Monsieur D. H. Richardson, le Centre procède à l’élaboration d’un plan de service sur 10 ans, initialement en santé mentale et ensuite en intégrant des services spécialisés destinés aux jeunes contrevenants.

De 1974 à l’automne 1982, le Centre compte 5 résidences réparties comme suit : 5 places pour enfants dans chacune des 3 résidences communautaires et 8 places pour enfants dans chacune des 2 résidences centrales, pour une capacité totale d’accueil de 31 places à plein temps. Avec une de ses résidences consacrée aux francophones, le Centre, dès sa création, est bien placé pour offrir ses services dans les deux langues officielles.

Dès 1976, le Centre propose plusieurs projets uniques. Dans un premier temps, en collaboration avec le Conseil d’éducation de Carleton, le Centre établit une classe spéciale (conformément à l’article 16 de la Loi sur l’éducation, 1983) à l’école secondaire Sir Robert Borden. Par l’entremise de cette classe, le Centre appuie un programme d’enseignement visant à favoriser le cheminement scolaire de 8 de ses enfants en résidence. Dans un deuxième temps, le Centre s’associe au projet DARE et à son programme en milieu sauvage, non loin de South River (Ontario) et envoie tous les clients de ses résidences vivre 5 jours en milieu sauvage. De plus, plusieurs autres activités estivales de camping voient le jour. À tour de rôle, les clients des différentes résidences participent aux activités récréatives que le Centre organise.

Traitement en milieu fermé et services aux jeunes contrevenants (1982-1986)

En juin 1981, après la fermeture de l’école de formation Champlain située à Alfred (Ontario), le ministère des Services sociaux et communautaires émet un appel de propositions à tous les organismes communautaires pour les quatre initiatives suivantes:

Comme plusieurs organismes communautaires, le Centre présente une proposition pour chacune de ces quatre initiatives. Au cours du printemps et de l’été 1983, le Ministère accorde trois de ces quatre initiatives au Centre Roberts/Smart.

La première initiative, la mise sur pied d’une résidence de 8 places, accroît la capacité du Centre de desservir la population francophone. Le 13 décembre 1982, cette résidence accueille son premier client.

La deuxième initiative se traduit par la mise sur pied d’une résidence de 5 places réservées aux pupilles de la Couronne. Le 8 mars 1983, cette résidence accueille son premier client. Trois places supplémentaires sont ensuite ajoutées et réparties en fonction des besoins de chaque client et de la capacité des programmes à répondre à ses besoins.

Quant au choix pour le programme de traitement en milieu fermé et d’intervention en situation de crise, le Ministère établit un groupe d’experts à l’échelle de la province pour effectuer la révision des propositions. Le 5 octobre 1982, le Ministère arrête de nouveau son choix sur le Centre Roberts/Smart pour qu’il mette sur pied ce programme. Il s’ensuit pendant deux ans une période d’intenses élaborations et la rénovation d’une des résidences située sur l’avenue Carling. Sous la gouvernance du deuxième directeur exécutif, le Dr F. Xavier Plaus, la dernière touche au programme est mise en janvier 1985 et la mise en œuvre du programme s’amorce le mois suivant. Le premier client est admis le 1er mars 1985. De pair avec le Conseil d’éducation d’Ottawa, le Centre met sur pied une salle de classe spéciale pour le traitement en milieu fermé pour répondre aux besoins de formation des adolescents de ces résidences. À l’automne 1985, le programme d’intervention en situation de crise se met en branle. Deux places sont destinées à traiter les clients en situation de crise. Pour répondre aux défis des jeunes en milieu urbain, le Centre opte, en 1983, pour la mise sur pied d’un programme résidentiel novateur en milieu rural.

Progression vers les traitements de jour (1986-1996)

Le premier programme de traitement de jour en milieu scolaire du Centre, des salles de classe conforme à l’article 16, est dispensé de 1976 à 1994 à l’école secondaire Sir Robert Borden. Ce programme dessert jusqu’à 8 clients anglophones des programmes en résidence du Centre. En 1994, le Centre met fin à ce programme, car il s’avère qu’un établissement scolaire de premier plan était de moins en moins l’endroit où envoyer ses clients. Toutefois, un certain nombre de possibilités se présente par la suite, ce qui éveille l’intérêt du Centre à faire le saut vers les traitements de jour.

En 1990, une classe spéciale pour francophones voit le jour à l’école secondaire de Plantagenet. Même si celle-ci prend fin en septembre 1991, une nouvelle entente est conclue avec le Conseil des écoles publiques d’Ottawa-Carleton afin d’offrir  3 classes pour 24 enfants à l’école secondaire De La Salle. En septembre 1992, une troisième classe pour francophones est mise sur pied. Ce programme, que l’on nomme ADAPT, est offert à la résidence Cobourg jusqu’en 2002, puis pendant un an à l’école St. Rémi, situé sur la rue Grenon. Ce programme prend fin en juin 2003.

Septembre 1997 marque la venue du programme Annexe à l’école secondaire Plantagenet. Ce programme offre à la communauté de Prescott-Russel 16 places de traitements de jour. De plus, au début de 2007, une « classe suspension » est mise sur pied afin de répondre aux besoins des élèves suspendus des écoles régulières et de les aider à réintégrer rapidement les établissements scolaires.

En collaboration avec le Centre d’apprentissage M. F. McHugh, le Centre Roberts/Smart dirige 2 programmes de traitement de jour (en vertu de l’article 23). Le premier programme, offert à l’école publique Fisher Park, répond aux besoins de 16 élèves âgés de 12 à 14 ans; le deuxième, par l’entremise de programme en milieu fermé, est une classe de 8 élèves, offerte sur place.

Depuis le printemps 2007, le Centre dirige 4 classes (en vertu de l’article 23) pour un total de 48 places réparties équitablement entre anglophones et francophones.

Depuis octobre 1988, le Centre offre à sa clientèle adolescente un programme de traitement et de prévention en toxicomanie. Ce programme, récemment restructuré, vient en aide aux jeunes aux prises avec des problèmes de toxicomanie et à leur famille en les aidant, par la sensibilisation et la motivation, à trouver les ressources nécessaires afin qu’ils puissent contourner les obstacles aux traitements.

Le clinicien évalue les clients présentant des problèmes de toxicomanie. Ensuite, il rencontre ce client et sa famille, et ensemble ils négocient un projet de prise en charge rigoureux assorti d’échéanciers fixes. Plusieurs possibilités sont liées au projet, dont : un aiguillage vers le programme First Contact ou DAWN (dispensé par un coordonnateur du programme de prévention de la toxicomanie chez les adolescents), une courte séance de counselling familial (par un clinicien du programme de prévention de la toxicomanie chez les adolescents), ou un lien avec les différents services en toxicomanie. L’évaluation fait partie intégrante du programme.

En plein essor (1986-1995)

En juin 1987, un programme de traitement en foyer d’accueil voit le jour, et pour la première fois, un adolescent d’une des résidences du Centre y est transféré. Le Centre affecte des fonds pour subvenir aux besoins de 3 adolescents placés en foyer d’accueil. Le Centre met fin à ce programme puisqu’il commence à concentrer ses ressources en traitements résidentielles afin de cibler presque exclusivement les jeunes aux prises avec de graves troubles de comportement.

En février 1988, une entente avec la Société d’aide à l’enfance d’Ottawa-Carleton est conclue pour mettre sur pied une résidence à long terme, laquelle viendrait en aide aux jeunes de la Société nécessitant de traitements en résidence. En même temps, le ministère des Services sociaux et communautaires émet un appel de propositions pour la mise sur pied d’une résidence pour francophones de 8 lits située en milieu rural. En avril, cette initiative est accordée au Centre Roberts/Smart, et la Place jeûnet est inaugurée en janvier 1989.

Dès les débuts du Centre, le programme de traitement en camping a toujours été une initiative estivale importante. Par le passé, pour ce programme le Centre se fiait sur les parcs provinciaux ainsi que sur le programme en milieu sauvage D.A.R.E. Depuis 1993, le Centre tient ce genre d’activités au lac Hurd et au site R.O.P.E. Depuis quelques années, le site R.O.P.E. est aménagé par les employés du Centre et a le potentiel de devenir un programme de loisirs en plein air avant-gardistes offrant tout au long de l’année des activités, tels le vélo de montagne, le ski de fond et une piste d’hébertisme pour débutant.

En 1991, le Centre se dote d’un programme de vie en autonomie qui héberge 3 adolescents plus âgés répartis dans trois appartements d’une chambre à coucher. Ces appartements sont loués à une coopérative d’habitation municipale à but non lucratif afin de fournir à ces jeunes un environnement sans danger et l’aide nécessaire pour acquérir les aptitudes utiles à la vie quotidienne, remplir les demandes d’aide sur le revenu, étudier et composer avec les rapports entre le propriétaire et les colocataires. Ce programme cible les jeunes de 16 à 18 ans et est mis sur pied dans le but d’aider les jeunes, qui en ont besoin, à réintégrer la collectivité et vivre en autonomie après avoir quitté le Centre. En raison de compressions financières, le Centre est contraint de mettre un terme à ce programme.

À l’automne de 1988, en raison de l’élargissement de ses programmes et services, le Centre ajoute 3 immeubles temporaires sur son site de la rue Carling. En septembre 1991, afin d’accommoder son personnel administratif grandissant, le Centre quitte ses bureaux administratifs du 1199, avenue Carling pour les emménager au 1335, avenue Carling.

Vers l’entrepreneuriat (depuis 1996)

Devant subir les contrecoups des compressions budgétaires des gouvernements, le Centre se penche sur différents mécanismes de facturation à l’acte. Dans cette foulée, le Centre réaménage plusieurs immeubles afin d’accroître sa capacité d’accueil. Au total, 5 lits sont rajoutés. Grâce à l’appui de différentes sociétés d’aide à l’enfance provinciales, la résidence Putman est rouverte à l’automne 1996. En mai 1997, le Centre inaugure sa dixième résidence, Aero, portant sa capacité résidentielle globale à 77 lits.

À l’automne 2000, l’Attendance Centre, un nouveau programme de jour de supervision et d’enseignement, voit le jour. Ce dernier, en plus des admissions en foyers d’accueil, constitue une possibilité moins coûteuse aux programmes résidentielles. En outre, ce programme propose aux adolescents, qui ont été suspendus ou expulsés de l’école, un volet éducatif. En 2004, l’Attendance Centre reçoit l’agrément du ministère de l’Éducation en tant qu’école privée et devient l’Académie d’apprentissage Roberts/Smart, laquelle permet aux jeunes d’accumuler des crédits en vue d’obtenir leur diplôme d’études secondaires.

S’adapter aux changements (depuis 2005)

Grâce à l’aide du ministère des Services à l’enfance et à la jeunesse, le Centre entame un exercice de restructuration à l’automne 2005. Des compressions budgétaires obligent le Centre à réduire ses activités, ce qui entraîne la fermeture de quelques résidences ainsi que la suppression de plus de 50 postes. Ces mesures visent à assurer la viabilité du Centre de façon à ce qu’il puisse continuer de répondre aux besoins des jeunes faisant preuve de sérieux troubles de comportement à cause de problèmes de santé mentale. Afin de réduire ses coûts, le Centre déménage ses bureaux administratifs au local nouvellement rénové du 1199, avenue Carling.

Avec un nouveau conseil d’administration, un engagement à revigorer son programme clinique et son désir de reprendre sa place au sein des organismes qui offrent des services à l’enfance, il en émerge un Centre mieux ciblé. L’ancien programme de traitement en situation de crise est légué au Bureau des services à la jeunesse d’Ottawa afin que le Bureau puisse soutenir le programme intégré d’intervention en situation de crise de la région, là où les services en situation de crise sont partagés entre les agences, afin qu’elles puissent desservir, efficacement et en temps opportun, les jeunes et les familles d’Ottawa et des collectivités environnantes.

À la suite de cette réduction d’activités, le Centre ne compte maintenant plus à son actif que 6 programmes de traitements en résidence, y compris 8 lits en milieu fermé, 8 lits pour les services relatifs à la justice, 6 lits communautaires pour l’intervention à la jeunesse et à la famille (4 lits pour les anglophones et 2 pour les francophones) ainsi que 25 lits pour les services payables à l’acte destinés aux Services d’aide à l’enfance à l’échelle de la province.

Le Centre accepte les recommandations d’autres provinces afin de venir en aide aux administrations qui n’ont pas suffisamment de ressources dans le domaine des traitements en résidence. Toutefois, les membres du conseil d’administration ont mis fin à cette pratique pour garantir un accès aux places à la clientèle adolescente de l’Ontario.

En septembre 2006, lors de sa 34e assemblée générale, le Centre renomme le programme Attendance Centre en l’Académie d’apprentissage Debbie Campbell, en l’honneur de son employée Debbie Campbell. Comptant 25 années de service à son actif, Debbie a joué un rôle capital dans l’élaboration du programme de l’Académie d’apprentissage. Malheureusement, en octobre 2006, elle perd son second combat contre le cancer. Lorsqu’on lui a annoncé le nouveau nom du programme, elle était fière de savoir qu’elle lèguerait à la postérité un programme qui perpétuerait sa vision d’un endroit où les jeunes gens pourraient recevoir une bonne éducation, malgré les défis qu’ils doivent relever.

En janvier 2007, le ministère des Services à l’enfance et à la jeunesse (Services de justice pour les jeunes) accorde au Centre un contrat pour mettre sur pied une salle de classe pour le traitement de jour. Cette salle sert à desservir la population francophone de Prescott-Russell et à répondre aux besoins des élèves ayant été suspendus par leur établissement scolaire. L’objectif poursuivi par cette salle est de stabiliser le comportement de ces adolescents et de les réintégrer rapidement dans le système scolaire.